ITTA

Chatroulade

Itta s’éveille, entourée de son père, sa mère et son petit chat. Détail : ils sont tous morts, les tripes à l’air. Un esprit qui flottait par là prend possession du cadavre du chat. Si ça se trouve, c’était l’esprit de Michel Fourniret. Mais qu’importe, c’est maintenant un mignon chaton spectral qui sera notre compagnon. On attrape le revolver de papou, et en route pour la vengeance.

Voilà comment Itta introduit son univers onirique, visuellement quelque part entre le jardin d’Éden et le marais poitevin. En terme d’ambiance, un fort goût de Titan Souls et de Hyper Light Drifter arrive en bouche dès le départ. Dans ce purgatoire bucolique, une force obscure nommée Mono empêche les âmes de trouver la paix, pour des raisons tout aussi obscures. Comme Céleste est passée par là, on ne peut pas s’empêcher de s’auto-spoiler en se disant que ces lieux n’existent pas, que ces monstres sont la représentation des peurs d’Itta, de ce deuil qu’elle n’arrive pas à faire. Le jeu reste évasif sur son univers, comme un ministre sur la date de fin du confinement. Chacun son interprétation.

L’objectif d’Itta est d’ouvrir la Porte du Néant, ce qui demande de “libérer les âmes tourmentées” – comme disent les agents secrets pour parler d’assassinats – d’une quinzaine de boss. À travers trois zones – le jardin du début, sa version dans le ciel et des ruines souterraines – on enchaîne les courtes phases d’exploration de donjon en donjon. On trouve une nouvelles arme, un nouvel avatar pour notre potichat, on échange 4 lignes avec un des 5 ou 6 PNJ. Bref, Itta se concentre sur l’essentiel de sa promesse : le boss fight façon shmup en arène. 

Voilà de la boulette
Avec le souvenir gratifiant d’avoir fini Céleste, j’allais chercher le même défi atteignable, cette fois dans une version bullet hell et non plate-forme. Car Itta vend la même ambiance, une héroïne jeune face à un monde onirique angoissant, et met en avant la bienveillance. N’ayant rien d’un pro de l’esquive, je m’étonnais de rouler sur les premiers ennemis. Un super-boss m’a causé des difficultés, puis j’ai trouvé le fusil à pompe. Un deuxième, puis j’ai trouvé la mitraillette. Je n’ai plus lâchée jusqu’au bout des 4h de jeu, malgré les 6 armes débloquées à la fin (du premier run).


La routine va tourner
Les combat d’Itta ne sont pas enchanteurs très longtemps. D’abord, on comprend la magie du spammage de roulade (pour bénéficier d’une précieuse frame d’invincibilité). On tourne autour de l’ennemi en enchainant les galipettes, gâchette de tir enfoncée, jusqu’à gagner. Alors qu’on tombe face au premier méchant à mettre en difficulté cette “technique”, vient la barre de pouvoir. Une fois remplie grâce à nos esquives, elle invoque automatiquement un esprit qui offre une fenêtre d’invincibilité et de dégâts multipliés. Ces 6-8 secondes de bourrinage, immobile et à bout portant, c’est pile ce qui manquait pour finir les 3 cm de barre de vie des méchants les plus énervés. Qu’importe qu’on affronte un loup-garou, une tête de Moaï ou un samouraï, le procédé est le même. Ce qui donne vite l’impression de forcer le passage sans grande finesse, jusqu’à avoir un peu plus de chance dans la valse des roulades.

ITTA est agréable à manier mais simple et répétitif dans ses mécaniques, joli mais loin du souffle de certains équivalents (coucou Hyper Light Drifter). En bref loin d’égaler les titres dont il crie s’être inspiré. Il est bon de dire ici qu’il s’agit du premier jeu de Glass Revolver, studio d’un seul homme. Attendre une solde peut aider à faire l’impasse sur son manque de profondeur, pour profiter de la balade avec potichat mort.

ITTA
Développeur : Glass Revolver
Éditeur : Armor Games Studios
15€ PC et Switch

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