Yes, Your Grace

Ma femme, mes filles et mon domaine

De l’autre côté de la frontière, un prince fanatique est sur le point de prendre le pouvoir. Les monstres et maladies pullulent dans la nature hostile, terrorisent et déciment les villageois. Le royaume de Davern a connu des temps meilleurs. Les puissants en détresse attirent les parasites comme un cadavre attire les mouches. Bientôt les bandits et imposteurs rôdent autour du palais. Au château de Grevno, le roi Eryk a raison d’être angoissé. Et le roi, c’est nous.

Je vous apprendrai à vous en passer
Dans la salle du trône, chaque lundi matin, il y a la queue. Ici un paysan s’est fait voler ses poules, là une marchande a perdu son fils dans les bois. Je dis chaque lundi, car le jeu est découpé en semaines et non en jours. Dans Yes, Your Grace, nous jouons donc un Roi impliqué, proche du peuple, qui tranche lui-même les différents des manants. Si vous êtes royaliste, voir le sang bleu se frotter ainsi à la plèbe sans barrière sanitaire ne manquera pas de vous lever le cœur. Accéder à toutes les requêtes est impossible, car il faut veiller à garder suffisamment d’or et de provisions. De plus, notre unique général de départ ne peut pas être partout à la fois quand il s’agit de mener l’enquête ou couper des gorges. Ainsi commence notre expérience du règne, dans un quotidien qui nous apprend les bases : distribuer et aider, mais pas trop, tout en veillant à garder les faveurs du peuple. Car faire la sourde oreilles à trop de demandes pourrait bien se payer plus tard. Tatatiiiin.

Sa majesté m’ignore
Régner sur un domaine est une chose, être un bon pater familias est une autre paire de manches en hermine. Yes, Your Grace a une ambition scénaristique, et c’est du côté familial qui l’exploite particulièrement. Après chaque séance de doléances, il nous faut visiter les différents lieux du châteaux : salle du conseil, remparts, donjon, jardin et chambre à coucher. Certains dialogues conditionnent le passage à la semaine suivante, comme lorsqu’il s’agit d’annoncer à Lorsulia, notre aînée, qu’elle va se marier à un seigneur en échange d’une armée. D’autres sont facultatifs mais ouvre de petites portes supplémentaires au scénario, notamment autour de Ciri..heu pardon, Cedani, la cadette infernale mais trognonne.

Kingdom Come : Charge Mentale
Le jeu s’enrichit de nouveaux éléments à un rythme soutenu. Une sorcière et un chasseur rejoignent nos effectifs pour aller mener diverses missions dans le royaume. Un pigeon voyageur permet de convier une dizaines de seigneurs voisins, chacun·e ayant ses affinités et conditions propres pour sceller une alliance. Certains ne sont là que pour une quête bien spécifique, par exemple donner dans la revente des œuvres d’art du château. Le jeu est divisé en deux parties et, sans spoiler, la multitude de petites quêtes effectuées dans la première influe sensiblement notre capacité à lever des troupes dans la seconde. On apprend vite à bien réfléchir avant de passer à la semaine suivante. Ai-je envoyé tous mes agents en mission ? Ai-je trouvé tous les objets nécessaire à mon rendez-vous de la semaine prochaine ? Suis-je plus heureux qu’un humble paysan ?

Battle pas très Royale
Les deux phases de bataille en milieu et fin de jeu ne sont pas les plus réussies. La présentation ne permet pas de rendre bien compte des effets de nos choix et de nos investissements. On tire des flèches, on envoie des unités dans un certain ordre…Mais, comme un CRS qui tire à travers un nuage de lacrymo, on manque cruellement de feed-back visuel en lien avec nos choix. Ces moments, censés être les points d’orgue tactiques et épiques, ressemblent plus à un bilan cinématique dont l’issue finale dépend de nos décisions passées (investir dans une muraille, payer des mercenaires etc) mais sans faire de détails dans l’action. Est-ce un mal ? Pas vraiment, sauf si vous comptiez jouer à Advance War ou Wargroove. Mais quand on prépare la bataille depuis 5 mois, on est légitimement en droit d’être frustré de ne pas constater plus l’effet de l’huile bouillante sur les visages adverses. 

Yes, Your Grace est un jeu de gestion plutôt simple, qui propose une histoire sympathique mais classique. En revanche, la façon qu’il a d’agencer et de faire vivre les deux en même temps le rend difficile à lâcher une fois qu’on a commencé à administrer le royaume. Dans le tumulte du quotidien, l’histoire familiale (et la vengeance) parviennent à capter le joueur un minimum empathique. Son découpage efficace et rapide y est pour beaucoup (Allez, encore une semaine…), ainsi que l’attachement aux personnages, fussent-ils de pixels là encore très classiques. 

Yes, Your Grace
Développeur : Brave at Night (Royaume-Uni)
Éditeur : No More Robots
17€ sur Steam

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