The Suicide of Rachel Foster

Hôtel de base

The Suicide of Rachel Foster

Un jour, les huis-clos horrifiques auront lieu dans des lofts Airbnb avec frigo américain et ampoules connectées, où une enceinte Alexa devenue folle poussera les petits Léo et les petites Jade à mettre le feu à leurs lits. En attendant, le bon vieil hôtel à papa au parquet grinçant ne semble pas vouloir mourir.

Nicole est de retour dans l’hôtel familial inoccupé et passablement délabré. C’est la première fois qu’elle y remet les pieds depuis ses 16 ans. Une décennie s’est écoulée depuis le départ précipité avec sa mère. 10 ans aussi que Rachel Foster s’est suicidée. Au moment où elle met fin à ses jours, l’adolescente de 16 ans est enceinte du père de Nicole. Si cette dernière revient sur les lieux, c’est pour exaucer les dernière volontés de sa mère : vendre l’hôtel, rembourser son prêt étudiant, et donner l’excédent à la famille de la jeune Rachel en guise de dédommagement. 

Radio Moquette
Nicole n’a pas envie de s’éterniser sur place, on la comprend. Mais une tempête de neige va en décider autrement. Si le coup de coude de ce pitch ne vous a pas déjà pété trois côtes, la moquette des couloirs et la chaudière devraient finir le travail . Tout transpire le film Shining de manière assumée. Mais ici point de jumelles en jupes ni de moustachu agité. À la place, un compagnon de route vocal, qui parvient mystérieusement à nous joindre sur un talkie-walkie. Irving, agent d’un genre de brigade de sécurité en montagne, va nous accompagner tel Delilah dans Firewatch.   

On passe la première heure de jeu tendu, à redouter les sursauts à la Layers of Fear, en rapportant nos observations à Irving. On attend l’arrivée de la grosse flipette à laquelle se prêtent les lieux. Petit à petit, à force de ne pas entendre les portes claquer, de ne pas voir d’ombres furtives filer dans les coins de couloirs, on comprend que le jeu lorgne plus du côté du polar noir que de l’épouvante. Et on repense à l’avertissement aux âmes sensibles en début de jeu. Il ne concerne pas les froussards incapables de jouer à Resident Evil, mais ceux qui, bien légitimement, ne pourraient pas faire face aux tréfonds de l’âme humaine. On rappelle qu’il est ici question de la « liaison » d’une adolescente mineure avec un quinquagénaire.

Zéro étoiles sur Trip Advisor
L’hôtel est beau, grand et bien conçu, et il faut s’y repérer avec une vraie carte (comprendre une carte diégétique* qui ne nous montre pas notre position, mais seulement le nom des pièces). Le soin apporté aux décors fait oublier les quelques aller-retours artificiels : un objet qu’on ne peut prendre qu’à un certain moment, une issue scriptée qu’on ouvre une fois puis qui se referme à jamais, une erreur de traduction (“rez-de-chaussée” au lieu de “premier étage”) qui fait perdre 10 minutes…

Le twist final consommé, on ne peut, malgré tout, s’empêcher de repenser aux quelques portes fantastiques ouvertes dans une histoire se voulant réaliste. Tous ces moments aux frontières du réel semblent parfois avoir été mis là pour épaissir l’atmosphère à moindres frais. L’histoire reste plaisante à parcourir, et il fallait oser prendre le parti d’un scénario si glauquement « humain ». Au risque de décevoir grandement ceux qui pensaient venir faire un tour de train fantôme. 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s