The White Door

Plus blanc que blanc ©

7h. Aucun rêve cette nuit. Je me réveille la bouche sèche avec l’impression d’avoir bu. Je n’allume pas la lumière tout de suite, le blanc me sort par les yeux. Celui du plafond, des murs, des meubles. De tout ici, en fait. Le rouge-gorge de la fenêtre piaille déjà.

8h. Je suis déjà fatigué. Le médecin m’a dit que c’était les médicaments. Il faut que je mange tout mon plateau, sinon ils vont me sermonner. Le petit-déjeuner, ça va, j’aime bien. Mais si seulement je pouvais me recoucher aussitôt après.

10h. C’est vraiment agréable le rasoir électrique. Quand je sortirai, j’en achèterai un. Ce sera le seul souvenir que je garderai d’ici. La tête de l’infirmier le premier jour, quand il m’a vu avec un rasoir jetable dans la main. Si je n’avais pas eu de la mousse plein les joues, il m’aurait plaqué au sol.

11h. Visite de l’infirmière. »Check-up ». Toujours les mêmes questions, auxquelles j’ai déjà répondu 10 fois. J’attends le jour où ils me demanderont mon propre prénom. L’infirmière m’a dit qu’ils me l’avaient déjà demandé. Je suis sûr que non, elle doit confondre. Je suis malade donc j’ai forcément tort. J’ai un coup de mou mais je sais encore comment je m’appelle.

13h. J’ai très faim. Je ne crois pas avoir eu à manger depuis le petit-déjeuner. Penser à demander à l’infirmière du soir. Il y a une femme sur le banc dans le parc. Les moineaux se roulent dans la poussière juste sous la fenêtre, c’est marrant.

15h. Le pire moment de la journée. Quand ils m’ont montré cet ordinateur, j’ai cru que c’était pour me changer les idées. Mais il ne contient qu’un seul programme, pour entrainer la mémoire. Une session par jour, à faire avant 18h. Quand j’oublie, un psy prends le relais. Au moins l’ordinateur ne passe pas son temps à me parler d’inconnus.

19h. J’ai du dormir un peu, il fait déjà nuit. J’ai rêvé d’une usine, il y avait un bruit infernal. J’entrouvre la fenêtre au maximum pour respirer. Dehors, plus un oiseau. La femme est partie.

The White Door, est un jeu déprimant sur la routine, la solitude, l’amnésie, la mort. Les énigmes nous gardent l’esprit occupé. Alors on y reste, en se disant que le temps va passer vite jusqu’à la sortie. Les plus gothiques d’entre vous voient déjà là une métaphore des impératifs du quotidien, qui nous préservent d’avoir à pleinement faire face à l’abyssale vanité de notre existence. Bisous.

The White Door
Développeur : Rusty Lake (Pays-Bas)
Éditeur : Second Maze
3€ sur Steam

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