XIII

Pas qu’un numéro

Souvenez-vous, c’était en novembre 2003. Parmi toutes les jaquettes de jeux, une se détache particulièrement du linéaire des boutiques. Ses aplats de couleurs unis tranchent net avec le reste. Alors qu’un remake est annoncé depuis avril 2019, profitons de la sortie récente sur GOG du XIII original pour retourner flinguer en onomatopées. Monsieur Rowland, cela fait si longtemps !

Si on s’arrête au cycle original, XIII, c’est 19 tomes, dessinés par William Vance et écrits par Jean Van Hamme (par ailleurs créateur de Thorgal et Largo Winch). Voilà pour la courte introduction Wikipédia, surtout là pour mettre en perspective l’élément suivant : le jeu ne couvre l’histoire que jusqu’au tome 5. Il se terminait d’ailleurs par un très explicite (et très frustrant) “À suivre…”. Il aurait été impossible, en effet, d’être aussi dense que la BD sans proposer un jeu autrement plus ambitieux. En le relançant aujourd’hui, le souvenir de la longue aventure épique est en effet balayé par la brièveté du titre, qui se boucle en 6h. Mais tout de même, quelle ambiance mes amis ! *

*C’est une tournure de phrase, ne prenez pas trop la confiance.

Déjà, le cel shading, à l’époque, c’était nouveau. Sega, en 2000, avait prouvé que ce style de rendu visuel pouvait forger l’identité d’un jeu, avec Jet Set Radio. Pour un jeu arcade très coloré, ça fonctionnait, donc. Avec le recul, proposer un thriller politique réaliste était un petit défi, au vu de l’ambiance de l’œuvre originelle, très sombre. Ubisoft Paris prit donc le parti de jouer à fond la carte BD dans la mise en scène. Avec succès.

Dès le menu, découpé en case, déjà, ça claquait. Dès le début, en jeu, on voit pleuvoir les onomatopées. Une sensation inédite naît lorsqu’on sème des BAM, BANG, voire même des BAOOM bien palpables au gré des fusillades. Et quelle surprise de découvrir, au premier headshot, un strip apparaître en haut de l’écran, qui montre en trois étapes à quel endroit la balle (ou la flèche) s’est figée dans le visage du lointain vilain.

Lorsque le jeu montre des ambitions d’infiltration, ces cases scriptées deviennent éléments de gameplay. Elles montrent à l’avance un ennemi qui sort d’une pièce, qui entame sa ronde. Les onomatopées prennent aussi toute leur utilité, quand les tap-tap-tap grossissant des pas d’un gardien nous dictent le timing. Lorsqu’on l’attend au coin du couloir, en brandissant immobile et fébrile une chaise, un balai, une bouteille.

XIII, sur console, c’est aussi les souvenirs émus du temps béni du multi local dans les FPS, et la possibilité d’ajouter des bots au niveau de vice variable. Le meilleur ami des mercredi après-midis, avec 007 : Nightfire, sorti quelques mois plus tôt. Qu’attendre du remake qui sortira en 2020 ? Une histoire plus longue, plus détaillée, et des mécaniques d’infiltration plus fines ? Sûrement. Mais surtout un mode deathmatch à quatre joueurs en écran splitté.

XIII
2003, développé par Ubisoft Paris
6€ sur GOG

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