Sea Salt

Poséidon d’organes

Les hommes…ces chiens ingrats qui implorent Dieu au cœur de l’hiver, et qui l’oublient au printemps venu. Puis qui s’étonnent ensuite de voir pleuvoir des sauterelles, s’incarner des ongles ou sortir des albums de Florent Pagny. On ne déserte pas les églises sans conséquences. Dans Sea Salt, Dieu, c’est nous.

Enfin, pas vraiment Dieu au sens où l’entend François, que l’on parle du pape ou du mari de Pénélope. Non, un être supérieur nommé Dagon, plus sorti de l’océan que d’un livre de catéchisme (Vous savez, où l’on colorie des images de la crèche à Noël). Un jour, l’archicardinal local refuse de passer à la caisse, malgré tout ce que vous avez fait pour sa paroisse. Puisqu’on est jamais mieux servi que par sa main – surtout quand elle est divine –  Dagon décide d’envoyer hors des flots son armée de minions moissonner les âmes impures.

Aux sombres héros de la mer. Son armée, ou plutôt, sa bande, puisqu’on parle de quelques dizaine de créatures au plus. Tous les envoyés de Dieu ne bénéficie visiblement pas des mêmes moyens logistiques pour leur vendetta perso, n’est pas Ben Laden qui veut. On se retrouve donc dans des maps vues du dessus, à orienter du stick cette équipée sauvage aux relents de goémon. On encercle l’ennemi, puis, d’un coup de gâchette, on donne l’ordre d’attaquer. On maintient la pression du bouton jusqu’au démembrement complet. Crounch crounch crounch Haaaaayyyrrrrgh.

On fait du salt. Le début du jeu est donc assez euphorique, puisqu’on massacre à tour de bras sans difficulté apparente. On fond sur les passants de tableau en tableau, seule l’épuration totale permettant de passer au suivant. A la fin de chaque niveau, un boss introduit un peu de tactique. Et on réalise que le jeu en manquait cruellement jusque-là. Car s’il ressemble d’assez loin à un Nuclear Throne minimaliste en meute, il n’en a pas du tout l’ardeur. On y reviendra.

Invoquez-les tous ! On peut remplacer les membres tombés au combat en cours de partie en lootant de l’or, ou en profitant des quelques autels d’invocations en libre service. De nouvelles espèces de minions sont accessibles au fil de nos exploits (tuer 100 humains avec telle unité…), et on accède aussi à de nouveaux prophètes, les chefs de meute possédant chacun une bande de départ spéciale. On peut donc composer la fine équipe idéale, avec par exemple des tanks (les crabes), des snipers (les invocateurs) et de de la chair à cannon rapide (les sauterelles). C’est très sympa, mais hélas, ça ne va pas suffire. 

Violence en bande désorganisée. Passé le côté rigolo visuel et sonore inhérent à la violence gratuite, on découvre la vraie difficulté du jeu, en totale contradiction avec la furie qu’il entend nous faire incarner. Pour gagner face à des ennemis de plus en plus solides et dévastateurs, il faut être prudent et déchiqueter les ennemis un par un. Car certains déciment la moitié des effectifs en un coup avant qu’on ait pu les tuer (le corps à corps est quasiment obligatoire) et d’autres tirent à distance avec une promptitude inesquivable. Sauf qu’on incarne une meute plutôt lente, dont certains membres se perdent parfois au gré d’un pathfinding fourbe. On devrait parfois faire parler notre dextérité, mais on ne peut pas.

Sea Salt est gai et ne manque pas de contenu, mais ne parvient pas à garder ses ouailles. La faute au manque de rigueur mécanique pourtant attendu dans ce genre de jeu. Trop confus pour être un défi accrocheur, il reste aussi trop frustrant pour faire office de défouloir. Même Neptune peut boire un peu la tasse.

Sea Salt
Développeur / éditeur : YCJY Games
15€

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