Night Call

Le conteur tourne

Cette critique parle de Night Call, et donc de Taxi. Ce journal étant signataire de la Charte Humour et Élégance Humaine (CHEH), il ne sera fait aucune référence à Vanessa Paradis. Tout cliché sur la profession de chauffeur de taxi et leur prétendue irritabilité sont également proscrits. Ici non pas au nom d’un humour sain, mais par simple compassion. N’importe quel automobiliste en milieu urbain a un jour souhaité la mort de son prochain.

Une bastos dans le foie, l’infirmière vous le dit, c’est normalement fatal au commun des mortels. Mais voilà, vous n’êtes pas le commun des mortels. Vous êtes chauffeur de taxi. En votre qualité d’unique survivant d’une série d’assassinats, la PJ va vous employer en sous-main pour retrouver le mystérieux tueur. Que voulez-vous, les services publique sont à la diète. Après cette brève introduction, on tombe sur l’interface : une carte de Lutèce, sur laquelle s’affichent 3 éléments : les passagers à transporter, les contacts directement liés à l’enquête, et les stations services. Chaque voyage consomme du temps : l’organisation de la nuit de turbin doit être optimale pour collecter des indices tout en gagnant assez pour tenir une semaine, durée totale de chaque enquête. Il faut donc alterner les courses (plus ou moins lucratives mais pas toujours utiles à l’enquête) et les rencontres de témoins/contacts (porteuses d’indices, mais à vos frais).

7 nuits par semaine A chaque fin de nuit, on analyse les documents et indices récoltés. C’est à ce moment là que vos ambitions de Samy Nacery-Maigret s’effondrent. En effet, les document récupérés (rapports d’autopsie et dossier d’enquête) « s’analysent » par un simple clic prolongé. Et paf, de nouveaux indices apparaissent sur votre tableau des suspects comme ça, sans rien réfléchir. Une méthode de travail qui nous rapproche plus de l’agent de la BAC que de l’inspecteur de police, ce qui est frustrant. Idem pour les informations glanées lors des courses, auprès des clients : une simple notification prévient qu’un nouvel indice est disponible, point barre. Et c’est le matin venu, après une nuit à cumuler ces notifications, qu’on découvre 5-6 nouveaux éléments sans aucune idée de comment ils sont arrivés là. Le travail d’enquête se résume donc juste à une lecture de post-it, pour décider lequel des 5 larrons on dénoncera à l’issue de l’ultimatum fixé par la police.

Pipi Parisien En tant que joueur, on a donc absolument aucune prise sur le déroulé de l’enquête. Notre rôle se résume à la lecture de courtes phrases sous 5 photos de suspects, et à une prise de décision finale. Night Call survend donc très clairement son côté enquête, accessoire. Mais il lui reste une écriture soignée qui retranscrit à merveille les fragrances de la ville-lumière, ce mélange de diesel et d’urine si cher aux Parisiens. La galerie de passagers est variée, ultra-réaliste, et jamais un seul d’entre eux n’est balancé par dessus la jambe pour remplir la journée. Ne venez donc pas chercher un simulateur d’enquête, mais plutôt un recueil de nouvelles sous les lampadaires blafards.

Dans Night Call, on picore tel un pigeon estropié des historiettes d’un soir qui ne se privent d’aborder aucun sujet : religion, violences conjugales, immigration, prostitution…Le tout sur le ton et dans la bouche de ceux qui vivent ces situations. Une banalité retranscrite avec style, drôle parfois, et sublimée par quelques embardées fantastico-historiques. Ça aurait été mieux en mini-série ? Peut-être, mais on aurait pas pu décider nous-même quoi répondre pour réchauffer ces cœurs trop froids ou fermer ces bouches trop grandes.

NIGHT CALL
Développeur : Monkey Moon / BlackMuffin (France)
Éditeur : Raw Fury
20€, Steam, GOG

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