Sumatra : Fate of Yandi

Ivre de la jungle

En 2004, deux événements majeurs sont restés dans nos mémoires à tous. D’abord, Valéry Giscard d’Estaing était reçu à l’Académie Française. Ensuite, en décembre, un tsunami nous apprenait qu’apparemment, en Indonésie, il y a d’autres îles que Bali. C’est sur celle de Sumatra que la petite équipe de Cloak and Dagger nous envoie. Mais ne comptez pas vous prélasser sur la plage.

Sumatra : Fate of Yandi nous fait donc vivre le destin de Yandi, jeune homme employé dans le secteur porteur de la déforestation (investissez, c’est l’avenir). Par un après-midi lourd et poisseux, son (enfoiré de) boss l’envoie, lui et son meilleur ami Ramdan, collecter des rondins après la moisson. Après un glissement de terrain en milliers de pixels, Yandi se retrouve égaré dans la vallée infernale jungle. Reverra-t-il un jour Adiratna, sa bien aimée ?

Liane folie. Pour s’extirper de cette jungle luxuriante il faudra, vous vous en doutez, collecter, rassembler et faire interagir des éléments par dizaine. Une bonne partie du lectorat déjà pas fan de Pointer-et-Cliquer est en train de quitter la salle, et j’ai des objectifs d’audience à tenir*. Passons donc rapidement sur les qualités visuelles du jeu. Voilà, c’est fait. La bande-son, à présent : imaginez un silence entrecoupé chichement de bruits libres de droits. Une mélodie originale est tout de même présente pour marquer les moments forts de l’histoire.

*Dix lecteurs mensuels, cinq en été. Merci d’être là.

Sumatra : Fate of Yandi pourrait se résumer par l’enchaînement de deux phases. D’abord, on sourit devant une animation de pixel-artiste amateur. Puis en deux lignes de texte on revient dans l’histoire, en se sentant presque coupable d’avoir ri dans de telles circonstances.

Y’a le texte, aussi. Car le point fort du jeu, c’est son écriture. Sumatra : Fate of Yandi est l’antithèse du jeu magnifique visuellement mais mort à l’intérieur. Un aspect que son pitch, déjà, laisse entrevoir, mais qui est ensuite développé bien plus qu’on pourrait l’imaginer en voyant sa gueule de pixels un peu raide. Il est question des hommes qui déforestent, qui assouvissent leur soif de richesse en exploitant d’autres hommes qui, eux, participent au massacre par absence de choix, pour survivre. La place des peuples qui vivent dans ces lieux boisés est, elle aussi, largement mise en scène. Jusqu’à son final doux amer (qu’on atteint en 4-5h), le jeu recèle d’autres surprises que je vous laisse découvrir.

En plus de ne pas se borner au conte écolo simpliste, le jeu se paye le luxe d’une histoire d’amour attendrissante de simplicité. A Plague Tale est encore frais dans ma tête, et voir le petit Hugo monter en HD sur le dos de sa grande sœur Amicia m’avait piqué les yeux. Mais je crois que je me souviendrai encore plus longtemps des étreintes à l’animation sommaire de Yandi et Adiratna. Quelqu’un sais comment ça marche, le cœur d’un homme ?

Sumatra : Fate of Yandi
Développeur / Éditeur : Cloak and Dagger Games
Autour de 5€ sur itch.io, Steam

3 commentaires

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s