Oxenfree [L’été en sac à dos]

Je suis une bande de jeune

L’été, grâce au Front Populaire, nous avons la chance de pouvoir partir en vacances. Votre rubrique estivale L’été en sac à dos célèbre cette victoire en vous proposant une sélection de titres à jouer loin du PC, dans les transports, au camping, à l’hôtel ou sur l’aire d’autoroute de vos rêves.

Quand Ren a proposé cette fête clandestine sur l’île d’Edward, j’aurais dû flairer le plan foireux à 10km. Mais c’est dur de dire non à son meilleur ami, surtout quand il est doublé d’un sacré boute-en-train. Avec le recul, c’est peut-être le souvenir des moments passés avec mon grand-frère sur ces plages qui m’a fait y revenir. J’ai voulu remonter le temps, mais il m’a prise dans sa boucle. Si quelqu’un m’entend : nous sommes piégés sur l’île d’Edward. Au secours.

Oxenfree est un jeu de rôle minimaliste, basé sur le choix des dialogues en temps réel (3 boutons pour 3 phylactères différents). La bande de lycéens formée par Alex (l’héroïne), Ren (le meilleur ami lourd), Jonas (le demi-frère récent), Clarissa (la peste) et Mona (la timide) passe une nuit sur Edward Island. L’endroit, joli, porte les vestiges d’une importante base de transmission radio militaire. La rumeur dit d’ailleurs qu’à certains endroits, on capte de drôles de fréquences FM venues du néant. Est-ce vraiment une bonne idée d’aller trifouiller des lieux paranormaux quand on est une bande de teenagers un peu clichés ? Vous connaissez la réponse.

Dimension pas halal. Oxenfree est un sympathique teen-movie paranormal, qui ressemble en substance (et en musique) à ce que pourrait donner Stranger Things avec des héros plus âgés. Pour lever complètement le voile sur le passé de l’île, il faudra fouiner à la recherche des petits cairns qui indiquent les endroits où entendre de mystérieuses brides de phrases, à l’aide du transistor. Tout en parvenant à s’extraire de ce qu’il convient d’appeler une faille temporelle, en faisant vivre une Alex tantôt empathique, effacée ou un brin sardonique.

La fin d’une partie n’est que le début d’une autre, pour expérimenter des micro-choix ou saisir des instants ratés la première fois. La lenteur de l’héroïne et surtout l’absence de chapitres pourra faire trépigner les moins patients (il faut refaire à chaque fois l’intégralité de l’histoire, comme dans Un jour sans fin mais sans la marmotte, ce qui perd vachement en intérêt), mais cette répétitivité a un sens et une fonction. De quoi s’évader de la promiscuité étouffante du camping-car familial.

OXENFREE
Développeur / Éditeur : Night School Studio (USA)
Disponible sur Switch, 20€

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