Gato Roboto

Le Chat Machine

Je n’ai jamais aimé les chats. Comme je n’aspire pas à vendre ces pages en racolant de la haine – L’Express le fait déjà très bien – je vais vous dire pourquoi, le temps d’un jeu vidéo, j’ai aimé un félin de maison. Le lecteur sceptique verra ce texte comme l’outil choisi par un lâche pour le convertir à la “team chien”, sous couvert de parler d’un jeu vidéo. Je tiens donc à le rassurer : il s’agit juste d’un éditorial défouloir malhonnête, et violent.

Comme beaucoup d’explications (celles données par Christophe Hondelatte en tête), celle de mon amour impossible envers les chats remonte à l’enfance. Le jeune campagnard que j’étais a eu la chance de grandir dans un monde peuplé d’oiseaux, d’écureuils et de musaraignes. Un tableau idyllique, sur lequel planait l’ombre menaçante de dizaines de chats errants, engeance de la la négligence de leurs propriétaires (et de leur réticence à payer les stérilisations). Très tôt, j’ai appris la haine du chat. Devant une mésange décapitée ou un mulot mâché, j’ai prêté mille serments de vengeance.


Le cœur d’enfant où ces germes d’extrémisme étaient semés, des prédicateurs ont su le trouver très tôt. Je parle évidemment des Nuls et de leur puissant gourou, Alain Chabat. Leurs vidéos d’appel à la violence n’ont pas laissé insensible le jeune adolescent que j »étais. Le Comité Contre les Chats (CCC) exalta ma fureur. Jusqu’à l’irréparable. Le 27 juillet 2002, la sanguinaire chatte du voisin ne dû son salut qu’à ma mère, qui stoppa la machine à laver (cycle « intensif – textiles synthétiques »).


J’ai grandi, la haine aveugle a laissé place à une tolérance fragile. J’ai appris à distinguer le bon chat du mauvais. Je n’en veux plus aux gras matous d’appartement, qui sont inoffensifs. Si des gens veulent voir un animal se lécher l’anus sur la table où ils mangent, dans leur lit, c’est leur droit le plus stricte et je le respecte. Mais quand j’entends dire “Minette a encore apporté un moineau décapité ce matin” sur un ton indifférent, je me demande toujours de quel côté sont les fanatiques extrémistes. Il y a des coups de pelle qui se perdent.

Gato Roboto fait incarner un chat qui – ce n’est pas banal – aide un humain. Après un crash sur une base scientifique supposée désaffectée, Kiki s’engouffre dans l’armure méca de son pilote de maître et part explorer les lieux. Il doit activer des interrupteurs et réparer des machins, upgrader ses armes et combattre des boss pour débloquer les différentes zones. La petite mécanique en plus, c’est que minette doit parfois se défaire de son armure pour se faufiler, devenant aussi vulnérable que face à un part-choc de Renault 21.

Gato Roboto est so Devolver : simple, nerveux et prenant aussitôt. Testé sur PC ici, le jeu devrait ravir les possesseurs de Switch. Le titre s’y prête merveilleusement bien dans sa formule et son habillage game-boyisant sympatoche. Doinksoft n’invente rien, mais exécute un metroidvania direct, sans gras et trop chou-pi. Impossible d’être déçu, surtout pour 7€.

Gato Robot
Développeur : Doinksoft
Éditeur : Devolver Digital
7€

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