Pathway

Un vrai jeu Indy

S’il y a bien une chose que le jeu vidéo partage avec le cinéma, c’est l’amour des nazis. Robotality le prouve encore une fois, en servant un rogue-like inspiré du héro qui toucha du fouet le cœur de nombreux enfants, et beaucoup de soldats de la Wehrmacht aussi : Indiana Jones. Avec une structure en forme de Faster Than Light et des mécaniques de combat inspirées d’X-Com, on voit difficilement ce qui pourrait mal se passer pour le studio. Partons donc explorer leur édifice de pixels, mais n’oubliez pas : si vous volez un bibelot sur l’autel, tout s’effondrera.

Tatalatin Tataliiinn
Comme autant d’épisodes du héro de George Lucas, Pathway propose plusieurs aventures au degré de difficulté croissant. Africain ou Oriental, le désert s’étend à l’infini, parsemé de points de passages. Ces derniers dissimulent des événements parfois indiqués (oasis salvatrice, conflit armé inévitable, marchand, recrutement), ou laissés à la surprise. Le but est similaire à chaque fois : compromettre les plans de nazis férus d’archéologie. Les premiers kilomètres de piste ensablée dévoilent un fil-rouge identique à FTL : faire le choix permanent entre risquer plus pour gagner plus, ou tenter de passer entre les gouttes quitte à se priver de loot. La deuxième solution se concluant généralement par une arrivée à deux, armé d’un canif et d’un pétoire, devant 8 nazis tireurs d’élite en armure du futur des années 30. On se retrouve souvent dans des situations aussi précaires que savoureuses, en manque de kits de soins ou d’essence, alors qu’il reste encore tant de chemin avant le temple de Tefess-Meoui. On prie alors pour croiser la route de sympathiques touaregs spécialistes du reprisage de gilet pare-balle, ou de cadavres verts-de-gris à détrousser. Le côté débrouille au vent du Ténéré suinte FTL par tous les pores sous le soleil de plomb. On retrouve vite nos sensations. Pour ne rien gâcher, Pathway se fend de petites cinématiques mettant en scènes notre équipe à la moindre occasion. Même lorsqu’il s’agit juste de regarder passer un troupeau de chèvre au soleil couchant.

Les bergers allemands aboient, la caravane passe
Pour reprendre le vocable des antagonistes de toujours, disons que le titre est un roguelike moins “pur” que sa source d’inspiration spatiale. Une différence génétique qu’il doit à une dimension RPG plus poussée, le dotant de personnages possédant 6 niveaux d’améliorations. Les défaites des premières heures sont ainsi allégées par le fait qu’au moins nos avatars progressent, eux. En proposant 16 aventuriers, le jeu offre des options que seul les plus fervents baroudeurs prendront le temps d’expérimenter. Certes le titre nous force un peu à varier nos choix, en empêchant de sélectionner pour deux partie d’affilée le même binôme de départ (à moins de payer leur dispendieux train de vie hospitalier). Mais dans les faits, porté par l’avidité propre aux pilleurs de sarcophages, on se focalise rapidement sur les mêmes 4-5 têtes, qu’on fait jouer en rotation en négligeant le reste du casting. Cette optimisation de l’équipe n’entame pas le challenge bien présent, et le syndrome bien connu du “cette fois c’est la bonne” s’observe très vite. Le tout se déguste sur fond de musique orientale épique, interrompue par la voix d’un narrateur en mode “documentaire Arte sur les pyramides” et des cris d’agonie aux accents berlinois. La scénarisation, très appréciable, diminue aussi la rejouabilité. Le fait de “terminer” des histoires procure un sentiment d’accomplissement qui donnent moins envie de revenir, pour une fin identique. Un constat évidemment subjectif, puisque les acharnés sont libres de relancer chaque voyage en mode difficile.

C’est reparti X-Com en 36
L’autre grande influence assumée, c’est X-Com. Dans ses combats au tour par tour, Pathway multiplie les emprunts qui vont du système de couverture, jusqu’aux capacités spéciales : la “vigilance”, la mise à couvert, la résistance, le sprint. Tout pareil, qu’on vous dit ! Du tactical en gros pixel, ça sonne un peu Nintendo Wars tout ça. Oui, mais ici nul besoin de réserver une demie après-midi pour la moindre escarmouche. Avec peu d’unités et des coups qui font très mal, les conflits sont heureusement plus proche d’un concentré façon Into The Breach (en moins profond), que du récent et fastidieux Wargroove. Les mécaniques Xcommiennes souffrent parfois du portage en pixel art vu du dessus. La lisibilité de l’environnement est parfois rendue difficile, comme lorsqu’on apprécie une ligne de tir apparemment libre, qu’on découvre obstruée par un discret bout de muret une fois seulement le déplacement consommé. Pire, il arrive qu’un ennemi signalé comme atteignable (en surbrillance rouge) s’avère au final hors de portée ! Dans des batailles tendues où chaque personnage meurt en 2-3 coups, il y a de quoi jurer ses grands dieux Égyptiens. Comme quand le jeu décide de crasher au moindre alt+tab ou de retourner à Windows 5 fois en 15h. Ce dernier aspect technique est l’occasion rêvée d’user d’un verbe tout journalistique : Gageons que ces soucis seront très vite réglés par les patches qui s’enchaînent depuis la sortie.

“FTL, c’est l’école de la vie”, a dit un jour un homme sage. Les adeptes de rogue-like tactique trouveront dans Pathway les mêmes leçons d’humilité, les mêmes choix cruciaux, la rejouabilité en moins. L’ambiance et le ton semi-parodique sont soignés, sublimés par de jolis environnements. Les phases tactiques laissent un peu moins de place au méchant hasard, mais qu’on ne s’y méprenne pas : dans les ruines sombres d’un sanctuaire, aucune erreur n’est pardonnée. Si vous aimez les tribulation d’Indy, le son des balles contre les pierres millénaires et les berger allemands, alors sortez le Fedora et le browning.

3 commentaires

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s