Tropico 6

Belle-Ile-en-Mer, tyrannie marrante

“Une dictature, c’est quand les gens sont communistes, déjà, Ils ont chaud, avec des chapeaux de paille et une paire de tongs.”. Ce cliché d’impérialiste capitaliste m’a toujours fait rire. Qui vous fournit vos ananas ? Votre pétrole ? Vos armes ? Si vous ne m’accordez pas le respect, je vous l’arracherai à grands coups d’ogives ! Ha ? Vous n’étiez pas au fait du succès de nos essais nucléaires ? Oui, je veux bien m’asseoir. Avec une paille, merci. Pour les vieux briscards de l’absolutisme en chemise à fleur, voyons ce que Tropico 6 apporte de nouveau sous son soleil, où le totalitarisme se raconte en musique.

Au premier coup d’œil, déjà, le jeu est un peu plus détaillé. Ho pas grand chose : quelques ornements sur une église, du linge qui sèche sur une terrasse, des pneus dans les bidonvilles…bref tout plein de minuscules affinements qui font plaisir aux mirettes. Les bâtiments d’habitations disposent désormais de quelques variantes de couleurs, histoire d’égayer les enfilades de dortoirs. La légère brume qui baignait Tropico 5 lorsqu’on dézoomait a quasiment disparu, rendant la vue aérienne plus propre. Penultimo est toujours là, plus bavard que jamais, et accompagne El Presidente pendant les quatre époques : Coloniale, Guerre mondiale, Guerre Froide, Temps Modernes.

Il y a certaines choses qui ne s’achètent..ha si en fait.

Vous êtes client HSBC et vous vous demandez bien ce que devient ce pauvre Jérôme Cahuzac ? Alors vous serez heureux d’apprendre que la gestion du compte en Suisse a été améliorée, ou du moins qu’elle dispose d’un intermédiaire attitré, le “négociant”. L’argent caché donne accès à l’achat des divers points, ainsi qu’à quelques actions électorales spécifiques plébiscitées par Serge Dassault (petit ange parti trop tôt). Autre nouveauté, les monuments, sur lesquels le jeu axait sa campagne marketing. Il est possible d’en “emprunter” un par période (donc 4 en tout), et on constate avec joie qu’ils ne sont pas là juste pour le fun, même si un Sphinx sur le parking de Carrefour, ça en jette. Ils confèrent tous des bonus, parfois importants, et en rapport avec leur histoire ou leur fonction réelle. Par exemple, le Temple du Ciel – initialement un lieu de prière agricole – améliore les rendements.

Les balladuriens apprécieront de voir la partie magouille étoffées. A suivre maintenant, une énumération peu agréable à lire des différents outils. Les pirates permettent d’obtenir des ressources en mer, des migrants diplômés, des plans, des outils de gouvernement. La garnison de commandos mène des opérations de sabotages à destination d’une puissance étrangère ou de la résistance . L’école d’espionnage permet le vol de connaissance, de plans, de points de raid nécessaires pour effectuer toutes les actions susmentionnées. Le graal arrive avec le Cybercentre, par lequel il est possible de gonfler temporairement les cours à l’export de certaines marchandises.

« Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues. Mais mettez-y du vôtre, bordel » Emmanuel Macron

Le  fait que la map soit désormais un archipel entérine ce que de nombreux joueurs faisaient déjà par eux-même : découper de façon maniaque l’île en zones dédiées. Ici des champs à perte de vue, suivis d’une grosse concentration d’usines, avec au loin un centre ville du divertissement et du pouvoir. Si un îlot de taille réduite héberge trois gisements de métaux précieux, il y a peu de chance que vous choisissiez d’en faire un haut lieu de l’éco-tourisme. Malgré cette nouveauté géographique, qui implique quelques infrastructures supplémentaires, rien ne vient bouleverser la base d’une économie bien huilée : construire les habitations près des établissements de production. Si Kalypso avait mis l’accent sur l’importance de la gestion du trafic pour cet opus, dans les faits il est tout à fait possible de s’en tirer sans une seule ligne de métro, un seul arrêt de bus. De plus, pourquoi investir dans les transports alors que l’on a toujours aucun moyen de mesurer leur efficacité ? L’éternelle et la plus risible des tares du titre, le logement, est toujours là. Même en proclamant la gratuité des loyers, des originaux continueront à vivre dans des cahutes en taule, juste au pied d’un immeuble de 5 étages complétement vide. Peut-être sont-ils trop occupés à mettre 1 500€ de côté ? Ça pourrait être drôle si le logement n’était pas un critère électoral si important.

Dernier point crucial, qui concerne surtout votre entourage proche : la BO contient désormais des paroles. On peut donc enfin fredonner autre chose que des cordes de guitare, et réviser nos bases de LV2 espagnole. En résumé un Tropico un peu plus beau et touffu, qui ne fait pas sa révolution rouge, mais promet quand même quelques grands soirs. BIENVENIDO A LA ISLA BONIIIIITA

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