Seeds of Resilience

Résiste, prouve que tu subsistes

On s’est tous un jour senti sale devant la défiguration qu’on impose à Dame Nature dans les jeux de gestion. Après 20 heures, on contemple généralement nos mains en disant “Que…qu’est-ce que j’ai fait…”, devant l’enfilade d’usines à plastique qui défigure une île naguère idyllique. Même quand la pollution ou l’épuisement des ressources sont pris en compte, il mènent rarement une civilisation à péricliter. Gisement de pétrole épuisé ? Qu’importe, rasons la forêt et passons au charbon. Un DLC ajoute l’effet de serre à Civilization VI ? Évitons simplement de construire en zone inondable. Produit dans le Morbihan* par les deux associés de Subtle Games, Seeds of Resilience nous offre la repentance, en remettant l’homme et le joueur à sa place dans la nature.

* Partie Sud de la Bretagne où pour certains le terme « crêpe blé noir » signifie « galette ».

Tout commence par l’arrivé de trois survivants sur une île de taille modeste. Taku, Awena et Zoric posent pieds à terre, avant de disparaître. Dans Seeds of Resilience, les personnages ne sont pas présents physiquement, mais représentés par leurs trombines dans l’interface. Chaque personnage dispose d’un crédit d’heures d’activité, que le joueur est invité à utiliser au mieux à chaque tour. Cueillir une portion de mûres, par exemple, consomme une heure de temps du naufragé sélectionné. Plus la nourriture abonde et plus le sommeil est de qualité, plus long sera le temps de travail du lendemain. Ce micro-management, potentiellement lourdingue, colle cependant à l’échelle d’espace et de temps dans laquelle s’inscrit le jeu. Les saisons s’enchaînent très rapidement, et on ne construira jamais de cathédrale gothique.

Ce qui nous surprendra, nous les capitalistes violeurs de ressources, c’est de constater une diminution progressive du nombre de crabes, ou l’épuisement d’un spot de pêche. Notre espace n’est pas grand, et quand l’hiver approche on apprend à aimer chaque châtaigne qui tombe. Le cycle des saisons, aussi rapide soit-il, est bel et bien à prendre en compte pour éviter la famine. On sent le soin particulier apporté à la partie crafting pour rendre le moindre chantier gratifiant. Toute velléité d’expansion de toute façon étouffée par la taille de l’îlot, on se concentre sur la survie au jour le jour, avec ce que la nature nous donne dans une certaine limite. Ces mécaniques traduisent en tout cas très bien le propos des deux créateurs. Si l’homme agresse la nature, il y aura des conséquences. Et le pillage de celle-ci n’est pas une condition sine qua non à la survie de notre espèce. Rendez-vous donc au début de l’été pour voir combien d’heures la version complète pourra voler aux survivants de l’anthropocène.

Seeds of Resilience
Développeur : Subtle Games
Éditeur : Goblinz Studio

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