Worlds Adrift

Le badaud dans le ciel

Worlds Adrift

Bossa Studios sont les créateurs de Surgeon Simulator et de I am Bread, qui faisait incarner une tranche de pain dans ses aventures domestiques. A la lumière de ce passif, quel est, d’après-vous, leur projet en cours ? Un simulateur d’aspirateur à la 1ère personne avec du time attack ? Non Madame. C’est un MMO sandbox persistant, où l’on construit son aéronef et explore des îles dans le ciel. Ça te coupe la chique, hein ?

Je dois la découverte de Worlds Adrift au système de curation efficace de Steam et à une veille professionnelle rigoureuse. Ou bien à un entrefilet de JV Le Mag, dans lequel Yann François mentionnait “l’ambiance poétique” d’un titre “à surveiller de près”. Honnêtement, je ne sais plus.

Après un rapide passage par l’éditeur de personnage et la zone de tutoriel, nous voilà largués dans un monde en ruine, composé d’îles qui flottent dans les nuages. Les vestiges d’anciennes civilisations sont visibles un peu partout : obélisques, arches, artéfacts mystiques et tout le toutim. Nos deux premiers outils sont un extracteur de ressource et un grappin. Doté d’une grande portée, ce dernier sera littéralement le fil qui nous raccroche à la vie. Nécessaire pour explorer les sommets et cavernes au bord de l’abîme sans fin, il est au centre du gameplay : s’accrocher, sauter, se balancer, viser, maîtriser au mieux l’énergie cinétique et l’allonge pour ne pas arriver trop vite dans la falaise d’en face. Avant d’aller plus loin, donc : se mouvoir dans Worlds Adrift est très très agréable. On goûte à la liberté, avec un dosage parfait entre l’ivresse aérienne et la peur de se laisser emporter par sa propre fougue, dans un saut trop ambitieux. Certes, du peaufinage est nécessaire sur certains détails : il est parfois difficile de courir le long d’une paroi (pour prendre son élan) lorsque celle-ci est un peu trop caillouteuse. Mais on entre ici dans le pinaillage. Graphiquement, c’est low-poly mais détaillé, et baigné dans de beaux effets de lumières.

Tout le lore du monde

Worlds Adrift n’a pas de scénario, seulement un contexte-prétexte : un monde post-apocalyptique où traîne du loot éparpillé (des matériaux, des schémas de construction, des objets cosmétiques). On tombe bien sur quelques textes, mais l’ambition des développeurs n’est pas de créer une histoire pour les joueurs. Non, comme dans un certain Filoute 76*, ces derniers sont appelés à créer leurs propres histoires, sans aucun PNJ à croiser. La faune, elle, n’est pas encore très variée, mais les amateurs de grosses raies luisantes seront comblés. Mais alors sans mages donneurs de quêtes, que fait-on de nos journées ? Et bien on s’équipe pour l’exploration, tel la Horde du Contrevent s’en allant vers l’extrême-amont.

*Les noms ont été modifiés pour préserver l’anonymat des victimes

Worlds Adrift

Point technique
Certains joueurs se plaignent de la perte de leur inventaire/vaisseau après une déconnexion, d’autres de ralentissements monstres, etc. J’ai pour ma part constaté du clipping en débarquant sur de grosses îles, et du lag très occasionnel (en croisant un autre vaisseau). Avec une vingtaine d’heures de jeu en solitaire, je ne peux personnellement pas me plaindre de plus grosses avaries. Il est en revanche arrivé que le serveur soit indisponible après une opération de maintenance. Pendant la panne (de 2h) le compte Twitter dédié était au taquet sur l’info, et le CTO se fendait d’une note dans la foulée.

Le jeu nous guide pour construire les deux modules principaux : un « chantier naval » pour la conception des vaisseaux, et une borne annexe pour crafter tout ce que l’on mettra dessus (moteurs, armes, stockage, mobilier). Pour les objets du quotidien (tissu, arme de poing, torche…) ça se passe directement dans l’inventaire. C’est en posant les doigts sur l’éditeur de vaisseau que le Jacky Tuning qui somnole en chacun devrait commencer à s’exciter. Quelques structures de base sont proposées, modulables à volonté pour créer la caravelle rêvée. Plus massif sera le bâtiment, plus longue sera la récolte de métal et de bois. Cette partie construction est déjà très gratifiante et constitue, avec son ambiance envoûtante, l’attrait principal du jeu. Se lancer directement dans un chantier digne de STX n’est cependant pas recommandé, car tous les composants ne sont évidemment pas disponibles d’entrée de jeu.

Worlds Adrift test
Au loin, le vaisseau d’un quidam. Sans chercher le contact humain, j’ai croisé environ 1 personne par heure de jeu. Une densité suffisante, et qui sert l’ambiance du jeu. Si vous aimez le contact humain – votre droit le plus strict – vous pouvez toujours rejoindre une alliance.

Le savoir est une arme

Avant de pouvoir construire, il faut disposer de schémas. Certains sont trouvables en fouillant les sites archéologiques. La majorité, en revanche, ne seront déblocables qu’avec des points de Savoir, qu’on cumule en scannant l’environnement (à la Subnautica). Le jeu pousse ainsi à l’exploration, et on se jette avec avidité sur tout ce qu’on découvre pour la première fois : arbre, type de roche, sites archéologiques. Une boucle se dessine : construire une coquille de noix, prendre les airs pour débloquer plus de contenu sur d’autres îles, partir miner ou couper du bois pour construire de nouvelles hélices, de nouvelles armes…Et ça fonctionne bien tout ça ! La première fois qu’on prend le ciel aux commandes d’une barque céleste, impossible de ne pas se sentir grisé par les flots invisibles. Le bruit des hélices (ou des voiles) berce, et on regarde grossir à l’horizon la terre convoitée. L’ambiance est paisible, mais la possibilité d’une chute fatale dans le néant (qui équivaut à la perte de votre inventaire) instille un peu de tension dans ces expéditions. Il est néanmoins possible de garder quelques objets à sa ceinture (pour ne pas respawn sans arme, par exemple). Si vous prenez bien soin de vous déconnecter avec votre vaisseau, aucun risque de pillage par d’autre joueur pendant votre absence.

Ceux qui avaient investi Astroneer en early access n’ont absolument aucune raison de ne pas être séduit par Worlds Adrift ! Le niveau de contenu est équivalent et, même en solo, on s’y perd avec plaisir. Chaque session de jeu procure une dose massive de zen, voire des instants de félicité. Lors du lancement de l’early access en mai 2017, l’équipe de Bossa Studios annonçait une version 1.0 d’ici “18 à 24 mois”. Logiquement très bientôt, donc. Pour ceux qui voudraient un aperçu, l’éditeur de carte est disponible gratuitement, et permet de tester les déplacements.

Config du test : Intel core i5 2,5GHz, 8Go de RAM, Geforce GTX 1050Ti

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s